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Témoignages

commentaire (0) | lu 7 fois | publié le 08/03/2018

"Il faut faire participer les hommes au débat, pour lutter contre le sexisme ordinaire et les stéréotypes dans le milieu professionnel "

Pour lutter contre le sexisme ordinaire et les stéréotypes dans le milieu professionnel, il faut faire participer les hommes au débat

Fondé il y a 17 ans par des dirigeantes d’entreprises scientifiques et technologiques pour favoriser l’accès des femmes à des postes de responsabilité, le Cercle InterElles réunit 14 réseaux féminins de grandes entreprises. Chaque année l’association organise un colloque à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes. Catherine Ladousse, présidente, nous parle des enjeux de 2018.

 

Un des thèmes du colloque InterElles de cette année est « Mieux avec eux ». Est-ce que le choix était influencé par les révélations Weinstein et ce qui a suivi ?

 

La thématique n’a pas été choisie à cause de l’affaire Weinstein car le programme est toujours établi en avance, en fonction des conclusions du colloque précédent. Mais elle est en effet tout à fait dans l’actualité. La table ronde et l’atelier dédiés à cette thématique se concentrent sur les moyens d’intégrer les hommes dans les actions de mixité en entreprise. Les révélations et les hashtags sur Twitter ont permis de libérer la parole des femmes et d’amener le sujet dans le débat public ce qui est une très bonne chose. Mais les travaux du Cercle visent surtout à avoir une influence sur un terrain que nous connaissons bien, celui de l’entreprise, et la mixité sur laquelle nous travaillons depuis le début.

 

Quelles actions menez-vous contre le sexisme dans l’entreprise ?

 

Sans même parler des violences, intolérables et punissables par la loi, il existe le sexisme dit ordinaire, invisible, lié au fait qu’un genre est plus nombreux qu’un autre au sein d’une entreprise et crée un comportement ou un environnement où le genre minoritaire ne se sent pas à l’aise. C’est un frein réel pour les jeunes femmes qui souhaiteraient venir dans ces entreprises. En 2016, nous avons accompagné la campagne « Sexisme, pas notre genre !» (campagne lancée alors par le ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes et à laquelle ont participé 22 associations, ndlr).  Suite à cette campagne, nous avons participé à la création du collectif « Ensemble contre le sexisme », qui a organisé une journée nationale contre le sexisme le 25 janvier dernier, inauguré par Marlène Schiappa, secrétaire d'État en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes.

 

Comment lutter au quotidien ?

 

Il faut établir un climat de confiance où les talents de chacun et chacune peuvent être reconnus même s’il y a un déséquilibre dans la représentation en nombre. Il faut travailler sur les stéréotypes, il existe des formations pour reconnaître les biais inconscients qui sont les racines du sexisme. Par exemple, penser qu’une femme ne veut pas être promue lorsqu’elle demande simplement un temps de réflexion quand on lui propose une promotion. Beaucoup de formations sont faites dans les grandes entreprises sur ces questions. Et bien sûr, il faut toujours faire participer les hommes au débat !

 

Quel constat établissez-vous aujourd’hui sur la mixité ?

 

Je veux être optimiste car à l’occasion des quinze ans du Cercle InterElles, j’avais demandé aux entreprises de lister des progrès tangibles et leurs effectifs féminins avaient bien augmenté. En revanche, le nombre de femmes à des postes de direction stagne. Dans les entreprises, l’état d’esprit évolue également, il y a quelques années encore il fallait expliquer l’intérêt d’attirer des femmes dans l’industrie. Aujourd’hui, il semble clair que la mixité est un enjeu de business, de réussite, comme le souligne notamment la série d’études « Woman Matter » menée par McKinsey. C’est également un atout de pouvoir attirer des femmes dans un contexte de guerre des talents. Il reste des enjeux qui dépassent l’entreprise, comme le nombre insuffisant de jeunes filles dans les filières scientifiques, mais il y a une vraie prise en main sur le sujet du secteur technologique et industriel.  

 

Article rédigé par Coralie Donas


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