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Temoignages

lu 8 fois | publié le 22/07/2009

Témoignage · « L'expérience du terrain, un préalable indispensable »

« L'expérience du terrain, un préalable indispensable »

Luc Doridam, Directeur Qualité, Sécurité et Environnement, Groupe Cristal Union

Pourquoi et comment devient-on directeur qualité, sécurité et environnement ?

« Pour un poste de responsable qualité sécurité et environnement, on demande en général un diplôme d'ingénieur plus quatre à cinq années d'expérience pour avoir une bonne connaissance des métiers. Pour un poste de direction comme celui que j'occupe actuellement, 10 à 15 ans d'expérience sont exigés. Tout dépend du nombre de sites dont on s'occupe. Je supervise 10 sites industriels, dont 5 sont classés Seveso seuil haut.

Mon expertise vient d’une bonne connaissance de la technique mais avant tout de l’expérience du terrain. J'ai une formation d'automaticien. Je travaillais pour Massey Ferguson lorsque j'ai entamé une formation d'ingénieur ITII mécanique au Conservatoire national des arts et métiers. A ce moment-là, on m'a confié plusieurs missions, dont une pour la mise en place de démarches environnementales. C'est grâce à cela que je me suis intéressé au domaine qualité, sécurité et environnement. En 1994, on m'a proposé un poste d'ingénieur sécurité et environnement. Cet attrait pour la fonction environnement provenait d’une passion pour la nature qui a sûrement orienté mon choix. »

Quel est l'aspect le plus gratifiant de ce métier ? Son principal inconvénient ?

« L'aspect le plus gratifiant est vraiment lorsque l'on prend en charge une usine ou un groupe où il y a un important travail de mise en conformité à effectuer et que, trois ans après, celle-ci respecte la réglementation en termes de qualité, de sécurité et d'environnement et soit en accord avec les attentes des clients. On initie les changements et on peut mesurer le travail accompli. Il y a également une forte composante de management que je trouve très intéressante.

L'inconvénient majeur est que, lorsqu'il n'y a pas d'obligation réglementaire, les arbitrages en faveur de l'environnement sont beaucoup plus durs à justifier. Les préoccupations de la direction sont plus tournées vers des objectifs de production que vers les démarches environnementales à mettre en place. Pour convaincre, mieux vaut être alors un bon communiquant pour mettre ses actions en phase avec les valeurs et la politique de l’entreprise. »

Comment voyez-vous évoluer le métier ?

« Aujourd'hui, après le " Grenelle de l’environnement " et la loi sur la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), un volet sur le développement durable et sur l’empreinte écologique s'ajoute aux missions qualité sécurité et environnement. Ils rendront cette fonction de plus en plus incontournable et stratégique. Les responsables QSE vont devoir mettre en œuvre des démarches de développement durable, participer à l’éco-conception ou bien établir l’empreinte écologique au sein de " l’économie carbone ". Les formations et l'expérience en la matière vont devenir indispensables, et seront sans doute un critère important voire incontournable des profils de poste dans les années à venir. »

Mots-clés : métierqualitéqsesécuritéenvironnement