Directeur de service de soins et d'aide à domicile - Apec.fr

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Gestion, finance, administration

lu 30 fois | publié le 18/09/2017

Directeur de service de soins et d'aide à domicile

Le directeur de service d’aide et de soins à domicile pilote une structure médico-sociale assurant des prestations d’aide et/ou de soins infirmiers au domicile des patients. Il met en œuvre le projet de l’établissement, coordonne l’activité au quotidien, manage les équipes de soins et assure la gestion administrative et financière de la structure.

Autres intitulés

  • Directeur de SPASAD (Service polyvalent d’aide et de soins à domicile)
  • Directeur de SSIAD (Service de soins infirmiers à domicile)
  • Responsable de soins infirmiers à domicile

 

Activités principales

Définition et mise en œuvre du projet de service

  • Maintenir une veille sanitaire, sociale et juridique, tant documentaire que sur le terrain.
  • Participer à et/ou animer les instances directives de l’association/structure gestionnaire.
  • Contribuer à la définition de la politique générale de l’association/structure gestionnaire.
  • Élaborer un projet de service d’aide et de soins à domicile propre à la structure, en cohérence avec les priorités définies par la structure gestionnaire le cas échéant.
  • Procéder à l’actualisation constante de la stratégie de développement et de dynamisation de l’activité en fonction des besoins.
  • Communiquer sur le projet de service, tant auprès des instances directives que des salariés et des partenaires locaux.

 

Gestion administrative et budgétaire de la structure

  • Superviser les démarches administratives et signer les documents individuels de prise en charge des patients.
  • Gérer le matériel de la structure (matériel médical, fournitures, véhicules…).
  • Piloter la gestion budgétaire du service et la recherche de financements externes.
  • Veiller au respect des dispositions réglementaires en vigueur et à leur mise en place dans la structure (rapport d’activité, registre médical…).
  • Mettre en œuvre une démarche d’évaluation et d’amélioration continue de la qualité.

 

Management des ressources humaines

  • Identifier les besoins en compétences et recruter le personnel.
  • Superviser la gestion administrative du personnel (contrats, absences, remplacements…).
  • Évaluer le personnel et mettre en œuvre un plan de formation adapté aux besoins de la structure /des salariés.
  • Établir, avec l’infirmier coordinateur, le planning du personnel en tenant compte des besoins des patients et de l’organisation de la structure.
  • Impulser la dynamique d’action des équipes en animant des réunions régulières (informations sur le projet de service, coordination des différents intervenants, convivialité…).

 

Encadrement et supervision de l’activité de soins à domicile

  • Superviser l’évaluation des besoins des patients à leur domicile (degré de dépendance, situations à risque, ressources nécessaires) et son actualisation régulière, réalisées par l’infirmier-coordinateur.
  • Décider, avec l’infirmier-coordinateur, de l’admission ou non d’un patient en fonction de sa pathologie et des critères définis dans la politique générale de l’association/structure gestionnaire.
  • Accompagner l’établissement du projet individualisé d’aide et de soins à domicile avec la personne dépendante, sa famille, le médecin référent et l’infirmier-coordinateur.
  • Veiller au quotidien à la bonne coordination des interventions d’aide et de soins à domicile pour chaque patient.
  • Conduire des actions de prévention, repérage et signalement de situations à risque pour les patients (dénutrition, chutes, isolement, violences, maltraitance…).

 

Communication institutionnelle et partenariats

  • Entretenir les relations avec les autres professions médicales pouvant intervenir dans le parcours de soins du patient (médecins généralistes, établissements de santé, services d’hospitalisation à domicile, etc.)
  • Être l’interlocuteur privilégié des instances institutionnelles (CPAM, caisses de retraite, services sociaux, tutelles, conférence des financeurs…).
  • Assurer l’inscription du service dans une dynamique territoriale forte, notamment auprès des réseaux sanitaires et médico-sociaux de proximité (tels les CLIC).
  • Participer à et/ou animer des réunions d’information/réflexion sur le sujet du maintien à domicile (fin de vie, prévention des risques, formation des équipes) avec les acteurs du secteur.
  • Contribuer à la recherche en soins infirmiers (qualité des soins, protocoles…).

 

Variabilité des activités

Les activités du directeur de service de soins et aide à domicile peuvent varier selon…

L’organisation de la structure :

  • Lorsque la structure est indépendante, le directeur de service de soins et aide à domicile n’a pas de supérieur hiérarchique et est autonome dans la définition et la mise en œuvre de son projet de service.
  • Lorsque la structure dépend d’une structure gestionnaire, le directeur de service de soins et aide à domicile doit suivre et s’adapter aux prérogatives globales de l’association ou de l’établissement référent. Il exerce sous l’autorité d’un président d’association ou d’un directeur d’établissement. Il peut participer au conseil d’administration et définir, avec l’ensemble des autres membres de la direction, les objectifs à suivre. Ceux-ci peuvent dès lors varier selon que la structure gestionnaire est un EHPAD, un établissement de santé, une mutuelle ou une collectivité territoriale.

 

La taille de la structure :

  • La taille des services d’aide et de soins à domicile est très variable, de moins de 25 salariés à plus de 200 parfois. Plus le service est petit, plus le directeur se doit d’être polyvalent. Il devra notamment gérer lui-même les activités « support » administratives, comptables et informatiques, qu’il pourra à l’inverse déléguer dans une plus grosse structure.
  • La taille de la structure peut influer sur la présence ou non d’un infirmier coordinateur en plus du directeur. Dans la majorité des structures de taille moyenne à importante, l’infirmier coordinateur a un rôle primordial : il rencontre les familles des patients, élabore les projets de soins, gère les plannings et manage le personnel soignant. Dans les petites structures, le directeur doit exercer lui-même les fonctions d’infirmier coordinateur et élargir ainsi ses compétences et son champ d’action au-delà de la seule gestion d’établissement.
  • Le directeur de service de soins et d’aide à domicile exerçant dans une grosse structure rencontre rarement les patients et leur famille. Dans une petite structure, et d’autant plus lorsqu’il joue également le rôle de l’infirmier coordinateur, le directeur peut-être le référent des patients et de leur entourage. Il gère la communication à leur égard, leur premier accueil, la visite d’évaluation des besoins, le suivi des patients et leur satisfaction au quotidien.

 

Le type d’activités :

La majorité des services à domicile est concentré soit sur les soins infirmiers, soit sur l’aide et l’accompagnement à la dépendance (portage de repas, aide aux actes de la vie quotidienne, accompagnement social, téléassistance, etc.). Cependant, de plus en plus, beaucoup d’entre eux mutualisent désormais leurs savoir-faire au sein d’une même structure, encouragés par le développement des SPASAD (Services polyvalents d’aide et de soins à domicile). Lorsque ces deux types de services coexistent au sein d’une même association, le directeur unique assume la double responsabilité et doit savoir coordonner des activités, projets d’accompagnement, équipes, publics et moyens de communication parfois très distincts.

 

Rémunération

Jeune cadre : entre 30 et 40 k€

Cadre confirmé : entre 40 et 50 k€

(Fourchettes de rémunération selon profil, niveau d’expérience, responsabilité hiérarchique, taille et statut de la structure, convention collective de la branche…)

 

Compétences requises

Compétences techniques

  • Connaissances médico-sociales et en psychologie du vieillissement, de la dépendance, du handicap
  • Maîtrise de l’environnement sanitaire, social, économique et institutionnel du maintien à domicile (fonctionnement des systèmes d’aides, droits des patients, politiques publiques, évolutions, etc.)
  • Maîtrise de l’environnement réglementaire et juridique de l’aide et du soin à domicile (dispositifs, textes législatifs, etc.)
  • Management d’équipe : outils de gestion d’équipe, techniques de communication, animation de groupe, notions de droit du travail et gestion des compétences, etc.
  • Connaissances de base des règles budgétaires et comptables
  • Maîtrise des procédés d’évaluation des activités et de la qualité des prestations d’une structure médico-sociale

 

Aptitudes professionnelles

  • Intérêt pour les publics accompagnés
  • Disponibilité, écoute et empathie
  • Compétences relationnelles (équipes, patients, familles, administrations, etc.)
  • Capacité à motiver et à manager une équipe
  • Adaptabilité et gestion du stress
  • Rigueur et organisation dans la gestion du service

 

Le profil

Diplômes requis

Diplôme de niveau I :

  • CAFDES (Certificat d’aptitude aux fonctions de directeur d’établissement ou de service d’intervention sociale)
  • Master MESS (Management des établissements sanitaires et sociaux)
  • Master MOSS (Management des organisations sanitaires et sociales)

 

Diplôme de niveau II, accepté parfois dans les structures de petite taille (cf. décret de 2007 sur la qualification des directeurs) :

  • CAFERUIS (Certificat d’aptitude aux fonctions d’encadrement et de responsable d’unité d’intervention sociale)
  • Complété idéalement par une formation initiale dans le médico-social (médecin, cadre infirmier…)

 

Durée d’expérience

Le poste de directeur de service d’aide et de soins à domicile nécessite une double expérience : du secteur du médico-social et du maintien à domicile d’une part, et de la direction d’établissement/du management d’autre part. Il est dès lors accessible aux cadres confirmés ayant exercé 5 à 10 années dans ces domaines. Dans la fonction publique, ce poste est accessible sur concours.

 

Postes précédents (P-1)

  • Cadre infirmier
  • Cadre intermédiaire dans le secteur gérontologique, du handicap ou du maintien à domicile

 

Qui recrute ?

  • Service d’aide et de soins à domicile pour personnes âgées ou handicapées (SPASAD, SSIAD)
  • EHPAD ayant un service parallèle d’aide et de soins à domicile
  • Établissement sanitaire (hôpital, clinique) ayant un service parallèle d’aide et de soins à domicile
  • Organisme de protection sociale/ mutuelle ayant un service parallèle d’aide et de soins à domicile
  • Collectivité territoriale/CCAS ayant un service parallèle d’aide et de soins à domicile

 

NB : Un service d’aide et de soins à domicile peut être une structure indépendante comme dépendre d’une autre structure gestionnaire ou d’une association multi-établissements. Il peut donc, selon les cas, appartenir au secteur public, privé à but non lucratif ou privé.

 

Rattachement hiérarchique

Selon le type de structure :

  • Président de l’association
  • Directeur de pôle
  • Directeur de l’EHPAD
  • Directeur de l’établissement de santé
  • Directeur de l’organisme de protection sociale/mutuelle
  • Directeur du CCAS

 

Environnement de travail et interlocuteurs

Internes :

  • Équipe de direction
  • Équipes de soins et d’accompagnement médico-social : infirmiers coordinateurs, aides-soignants, psychologues, AVS…
  • Personnel administratif et technique.

 

Externes :

  • Partenaires médicaux et techniques : médecins, établissements de santé (dont HAD), professionnels de santé libéraux, pharmaciens, entreprises de location de matériel médical…
  • Instances institutionnelles : CPAM, caisses de retraite, services sociaux, tutelles, CLIC, conférence des financeurs…
  • Patients et leurs familles

 

Evolution professionnelle (P+1)

 

Contexte et facteurs d’évolution du métier

Le développement de l’aide et des soins à domicile en France est lié à plusieurs facteurs concomitants :

  • L’allongement de la durée de vie nécessite une prise en charge d’un nombre croissant de personnes âgées dépendantes.
  • Les maladies graves (cancers, maladies respiratoires…) se soignent de mieux en mieux, mais se transforment et s’allongent en pathologies chroniques lourdes.
  • L’amélioration des techniques et du matériel permet de traiter de plus en plus de cas au domicile, même les plus lourds : chimiothérapie par voie orale, soins palliatifs, dialyse, etc. Le développement de la télémédecine facilite ce même mouvement.
  • Le contexte économique nécessite une maîtrise toujours plus forte des dépenses de santé ; il encourage dès lors les solutions alternatives à l’hospitalisation conventionnelle.
  • Le maintien à domicile est un souhait grandissant des patients et de leurs familles.

 

Dès lors, le développement de l’aide et des soins à domicile est soutenu par un environnement politique favorable, appuyé sur de nouvelles réglementations. Parmi elles, la loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement du 28 décembre 2015, apparue dans le cadre de projets pilotes destinés à optimiser le parcours de santé des personnes âgées en risque de perte d’autonomie (PAERPA), participe à un meilleur accompagnement de ce public. Elle favorise notamment le maintien à domicile en :

  • Revalorisant l’allocation personnalisée d’autonomie à domicile.
  • Développant des actions collectives de prévention et de financement des aides techniques (notamment via la conférence des financeurs).
  • Mettant le cap sur les SPASAD et accompagnant leur développement.
  • Soutenant et valorisant les proches aidants.

 

Suite aux diverses réglementations du secteur, le maintien à domicile comprend aujourd’hui plusieurs types d’interventions distinctes et/ou complémentaires, qui se différencient principalement par le degré de médicalisation des actes pratiqués :

  • Le SAAD (Service d’aide et d’accompagnement à domicile) n’est pas médicalisé. Il se concentre sur des activités telles que l’entretien, la toilette, l’alimentation, l’accompagnement social…
  • Le SSIAD (Service de soins infirmiers à domicile) assure des soins infirmiers aux personnes nécessitant une surveillance médicale hors hospitalisation. Il s’adresse principalement aux personnes âgées de 60 ans et plus, malades ou dépendantes, ainsi qu’aux personnes de moins de 60 ans présentant un handicap ou atteintes de maladies chroniques. Certains SSIAD se spécialisent dans l’accompagnement de certaines pathologies, comme le cancer, le Sida ou l’Alzheimer, avec le développement d’équipes spécialisées Alzheimer (ESA). Ces soins peuvent être complémentaires de l’aide apportée par un SAAD.
  • Le SPASAD (Service polyvalent d’aide et de soins à domicile) est un service assurant à la fois les missions d’un SAAD et d’un SSIAD. Sa double activité suit une même vocation : éviter l’hospitalisation des patients âgés, prévenir un placement en institution et/ou faciliter un retour au domicile. L’objectif actuel du système de santé est de transformer à terme l’ensemble des SSIAD en SPASAD, par fusion ou groupement de coopération.
  • L’HAD (Hospitalisation à domicile) représente le niveau d’intervention médicale à domicile le plus haut. Elle est préconisée pour les pathologies graves ou aigües qui nécessitent le plus souvent une intervention médicale de courte durée au cours de laquelle le maintien au domicile est sollicité soit par le médecin, soit par le patient. Il présente dès lors les mêmes caractéristiques qu’une hospitalisation classique, les équipes soignantes étant des professionnels salariés des hôpitaux publics ou privés qui ont la particularité d’être mobiles dans des véhicules affrétés par les structures hospitalières. L’HAD peut être préconisé en amont ou en aval d’un suivi par un SPASAD, en cas de soins de suite et de réadaptation ou, a contrario, d’aggravation de la maladie. La continuité des soins entre SPASAD et HAD est dès lors au cœur des enjeux.

 

À l’avenir, les SPASAD devront de plus en plus diversifier leurs activités vers la prévention des situations à risque telles que la dénutrition, l’isolement ou la maltraitance dont les personnes âgées peuvent être victimes. Leur rôle d’accompagnement et de repérage va donc probablement s’intensifier. La structuration toujours en cours du secteur (coordination des acteurs, protocoles, outils de partage d’information, plateformes régionales) pourra faciliter ces mutations à venir.

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